Peut-elle à nouveau sauver la gauche ?

Publié le 18 Janvier 2020

Lors de l’élection présidentielle de 2002, avec 4,6 millions d’électeurs soit 16,1% des voix, le candidat socialiste Lionel Jospin n’avait pu se maintenir au second tour, laissant face à Jacques Chirac, le candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen. La gauche s’effondrait et Lionel Jospin annonçait son retrait de la vie politique.

L’arrivée de Ségolène Royal sur le devant de la scène politique, dans la préparation de l’élection présidentielle de 2007, allait donner une nouvelle jeunesse au Parti Socialiste. Ségolène Royal suscite un mouvement de soutiens entraînant une croissance exceptionnelle du nombre d’adhérents au P.S.  Malgré les coups portés par ses « camarades » socialistes, Ségolène Royal s’impose dans la Primaire de 2006 avec 60,6% des voix contre 20,6% pour Dominique Strauss Kahn et 18,6% pour Laurent Fabius.

Si l’élection présidentielle de 2007, ne permet pas à Ségolène Royal de l’emporter. Elle réussit toutefois l’exploit de faire gagner au P.S par rapport à Lionel Jospin, près de 5 millions de voix, soit 9.5 millions contre 4.6 millions. Elle est la première femme, socialiste, à se maintenir au deuxième tour. Le P.S redevient une force essentielle dans la vie politique du pays.

Mais l’élection présidentielle de 2017 vient tout remettre en cause. Le candidat socialiste Benoît Hamon fait un score catastrophique avec 6,3%, il ne recueille que 2,2 millions de voix, offrant à l’extrême droite la place au deuxième tour. Le P.S s’est effondré, il a perdu 8 millions de voix par rapport à l’élection de François Hollande de 2012. Une grande partie des électeurs socialistes ont préféré voter pour Emmanuel Macron dès le premier tour de cette élection. Le P.S espère se refaire une santé avec l’élection municipale, mais il reste particulièrement faible dans les élections nationales.

Alors Ségolène Royal peut-elle à nouveau sauver la gauche en lui redonnant force politique ?

Après avoir soutenu le candidat Emmanuel Macron, ancien ministre du Président socialiste François Hollande, elle a progressivement fait apparaître ses désaccords. De plus en plus critique, elle considère que la gestion actuelle donne une place trop grande à la finance et laisse le peuple dans le désarroi, l’inquiétude, et la colère.

Mitterrandienne,  Ségolène Royal appartient à cette gauche de gouvernement, acceptant l’exercice du pouvoir mais avec la ferme volonté de défendre un modèle de progrès, un modèle social français.

Forte de ses convictions, de son extraordinaire invincibilité, de son lien avec le peuple, elle repart au combat pour tenter de rassembler à nouveau la gauche et éviter de se retrouver en 2022 à choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Le combat ne va pas être simple, avec une gauche éclatée en chapelles, avec un machisme encore très fort, avec des leaders incarnés. En 2006, elle avait su s’imposer par un mouvement de soutien né de la base, du peuple. Peut-elle à nouveau réussir à sauver la gauche ?

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article