La gauche c'est l'humain d'abord !
Publié le 6 Novembre 2016
En 2007, lors de la campagne présidentielle qui avait opposé pour la première fois une femme socialiste, Ségolène Royal, contre Nicolas Sarkozy, j’avais été surpris par la nature des attaques.
Il ne s’agissait pas en effet d’une attaque politique en règle contre les projets. Nicolas Sarkozy recherchait surtout à attaquer la personne de Ségolène Royal. Il s’agissait d’instiller peu à peu le doute chez les électeurs de la capacité de cette femme à diriger l’Etat.
Ségolène Royal défendait sa politique, ses projets, s’appuyant sur une démocratie nouvelle, plus participative. Sarkozy s’intéressait peu en fait à l’architecture du projet, il utilisait ses sbires pour fragiliser la base de l’édifice en s’attaquant à la personne.
Les divisions de la gauche à l’époque, certaines déclarations scandaleuses d’hommes « de gauche », notamment à l’intérieur du Parti socialiste, favorisaient le type d’attaque menée pour entretenir le doute.
La France humaniste a jusqu’ici toujours respecté la hauteur du débat politique : projet contre projet. Il ne s’agissait pas de combattre un Homme dans sa nature mais sa politique. L’Homme politique était attendu sur ses actions pour le pays. Mais un fascisme ordinaire s’installe. C’est contre maintenant l’Homme que se portent les principales attaques. Il y aurait ainsi une sorte de « race supérieure » qui serait la seule capable d’accéder au pouvoir. L’humain serait trop humain pour diriger un Etat.
Depuis l’élection présidentielle de 2012 et la victoire de François Hollande contre Nicolas Sarkozy, on retrouve le même type d’attaque.
Dès son arrivée au pouvoir, peu à peu les remises en question sur la capacité de l’homme sont apparues. Il ne serait pas de cette race supérieure pour exercer le pouvoir.
Dans « un président ne devrait pas dire ça … », les auteurs dévoilent l’origine de photographies volées sur la vie privée de François Hollande. Elles viennent « du photographe attitré de Nicolas Sarkozy ». Tout est mis en œuvre pour fragiliser la personne.
Une nouvelle fois, les divisions de la gauche servent ce type d’attaque d’autant que la limite est souvent franchie. Aux contestations politiques, des dérives changent la nature du propos, les mots d’un Pascal Cherki ou d’un Gérard Filoche dépassent l’enjeu du politique et visent à nuire à la personne.
François Hollande, comme Ségolène Royal hier, sont dans l’action politique. Le Président de la République défend sa politique pour lutter contre le chômage, contre la dette du pays menaçant son indépendance, pour maintenir et même compléter notre protection sociale, pour réformer la société avec le mariage pour tous, pour préparer l’avenir avec la Cop 21, pour combattre les fascismes religieux ici et dans le monde. Les actions menées durant ces cinq ans de présidence sont fortes et considérables.
Mais en fait, le débat ne porte pas réellement sur cela … dans ce climat d’ambiance, on sent bien que c’est l’attaque contre la personne qui prévaut. François Hollande serait « trop humain » pour gouverner le pays. Il faudrait être d’une autre nature, la photo de campagne de Juppé ou les affaires autour de Sarkozy permettraient de dévoiler cette « autre » nature : froide, arrogante, machiavélique.
Retrouvons l’humanisme … on peut être en désaccord sur les choix politiques mais il n’y a pas de nature supérieure.
François Hollande préside la France pour mener une politique, c’est-à-dire agir pour répondre aux enjeux de notre monde. Débattons sur les choix politiques et sortons de l’irrationnel …
Philippe Allard
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