Filoche achève le P.S …

Publié le 18 Novembre 2017

Dans un tweet, Gérard Filoche membre du bureau national du Parti Socialiste, a diffusé une image antisémite, pour afficher sa haine contre le Président de la République. Celui-ci apparaît avec un brassard nazi, retouché par le symbole du dollar, dans un monde en arrière-plan, dominé par l’alliance entre les Etats-Unis et Israël.

L’image de ce tweet a entraîné une large condamnation sur les réseaux sociaux.

Mais au-delà de ce nouveau scandale, où la haine l’emporte sur la raison et conduit au pire, la question que l’on doit se poser c’est de savoir : comment en est-on arrivé là ? Comment Gérard Filoche, habitué des dérapages verbaux, peut-il encore siégé à la direction du P.S ?

Le Parti Socialiste fonctionne sur un système d’alliances de courants pour une répartition des postes électifs et dans l’organe du parti. Ce n’est plus la pensée, la réflexion, les propositions qui donnent un sens collectif à ce parti, mais juste un équilibre entre des forces idéologiques opposées pour se distribuer des fonctions. La règle de la répartition proportionnelle des fonctions au sein de ce parti est devenue l’identité de l’appareil du parti. C’est ce qui a conduit ce parti à se couper de la société pour vivre en vase clos, dans les batailles internes, dans les cuisines d’appareil.

Avec cet équilibre, le parti socialiste est devenu un parti de notables : il s’agit juste de doser les rapports des forces internes et de faire la répartition entre ces forces.

Lors de la Présidence de François Hollande, la machine s’est grippée. Les forces minoritaires ont mené une fronde pour déstabiliser le pouvoir en place. On les a vus déambuler sur tous les plateaux télés pour dégommer chaque jour un peu plus le pouvoir socialiste. Tout était possible, puisqu’ils avaient des postes au P .S.  Ils espéraient ainsi pouvoir gagner le parti. Ils ont en fait conduit à son effondrement, car ils ont démontré, par leurs attaques radicales et excessives, que le parti n’était pas en capacité de porter un projet politique pour le pays.

Mais cet effondrement du P.S n’a pas conduit à une réelle prise de conscience.

Le bureau national est resté en place avec Gérard Filoche et tous les frondeurs battus aux élections. La nouvelle direction collégiale du parti s’est constituée sur cet équilibre, avec les frondeurs.

Le parti a refermé la porte et il est entré dans les fameuses "consultations" des militants qui ne portent en réalité que le nom, pour préparer, plus sérieusement, le prochain congrès. Dans les fédérations, la chasse aux sorcières a été laissée à l’appréciation des directions des fédés, selon les majorités de celles-ci. Le parti s’est artificiellement recomposé sur l’idée de l’opposition au gouvernement qualifié « de droite », la vieille lutte gauche/droite permettant de réunir les courants internes et de préparer le prochain congrès.

On affiche l’unité. On se dit « tous ensemble opposant » et on affûte les petits couteaux pour la bataille à venir … A nouveau, dans l’arrière cuisine, les conciliabules se tiennent, on se veut unitaire pour tous, rangeant l’arme dans la poche prête à servir …

NON, NON nous ne pourrons pas reconstruire une force de gouvernement de la gauche avec le P.S.

Il faut en finir et construire une maison neuve de la gauche socialiste.

Philippe Allard

Rédigé par Philippe Allard

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