Quel avenir pour la gauche après le P.S ?
Publié le 21 Janvier 2018

Le Parti Socialiste, depuis le congrès d’Epinay en 1971, aura été durant quarante ans la principale force politique de gauche, permettant l’alternance et l’adoption d’importantes lois sociales et progressistes.
Pour autant ce grand parti n’aura pas réussi à réformer son mode d’organisation archaïque. Il n’a pas non plus su trancher pour renouveler son corpus idéologique et répondre ainsi aux enjeux du XXIè.s. Enfin, il se maintient dans une stratégie d’Union des gauches élaborée au début des années soixante-dix par François Mitterrand qui apparaît de plus en plus difficile à construire pour pouvoir constituer une force solide de gouvernement.
Emmanuel Macron en imposant une refonte de la vie politique française, impliquant des femmes et des hommes de gauche et de droite modérés, a réussi à constituer une force politique pour répondre aux enjeux de la mondialisation. La France dans ce monde de compétitions doit disposer d’entreprises solides et innovantes. L’Europe est considérée comme l’espace essentiel de protection dans un monde dérégulé. La France a une voix à faire entendre pour stabiliser ce monde.
Toutes les cartes sont donc remises sur la table. Le monde n’est plus celui des années soixante-dix et le vieux clivage entre deux partis dominants de gauche et de droite n’est plus d’actualité. Certains nostalgiques rêvent encore de le faire revivre, mais cela n’a aucun intérêt.
Alors la gauche de gouvernement n’a-t-elle plus d’avenir ?
Cette gauche doit en réalité se réinventer et trancher sur les choix politiques pour répondre aux enjeux actuels, sans avoir peur de rompre avec d’anciens positionnements. Quelle politique économique dans le cadre de la mondialisation ? Quelle protection sociale doit être garantie ? Quels positionnements sur la laïcité et sur les lois progressistes ? Quelle proposition claire pour la transition écologique ?
La gauche de gouvernement se déchire en interne mais elle est toujours incapable de trancher. Or, ce ne sont pas des postures et des luttes de pouvoir qui permettront de donner un avenir à la gauche, en cela le Congrès des socialistes ne sert à rien si ce n’est à choisir son chef. Un chef pour faire semblant, la candidature d’Olivier Faure en est la caricature. On s’unit, on espère que le vent tournera pour remporter des élections et lorsque on arrive au pouvoir rien n’est tranché et c’est la division, la fronde et le terrible échec.
C’est tout le contraire qu’il faut faire maintenant. Il faut être capable de trancher et de fixer une ligne politique claire à proposer au pays pour redonner un avenir à la gauche.
C’est du courage qu’il faut pour proposer une réelle ligne politique. Et ce courage, pour l’instant, il n’y en a pas !
Philippe Allard
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