Ségolène, un espoir s'est levé !
Publié le 4 Novembre 2018

Car sur le plateau hier soir, journalistes, invités, publics, on sentait l’énorme regret et cet appel clairement prononcé, cette volonté de dire Ségolène revient ! Dans le marasme de la gauche aujourd’hui, avec des leaders incapables de porter une orientation crédible et une voix rassembleuse pour toute la gauche, Ségolène Royal est apparue comme la seule sans doute capable de relever le défi.
Dans le contexte du mouvement Me Too, Ségolène Royal a décidé de parler. C’est une femme politique d’expérience, de conviction, combattive qui a longtemps encaissé les coups. Aujourd’hui, elle se libère et sans doute pour la première fois elle contre-attaque. Dans cette parole libre, résistante, c’est tout un souffre qui est venu balayer les conformismes, les abandons, les reculades.
Car pour diriger un pays, il faut avoir la force suffisante pour dire non aux lobbies et mettre toujours en avant l’intérêt général. Peu d’hommes politiques ont montré cette capacité aux responsabilités. Pris dans leurs calculs politiques, ils ont trop souvent cédé face aux pressions.
Du courage, de la détermination, il faut aussi pour porter la voix de la gauche, avoir des convictions solides, chevillées au corps. Au cours de l’émission, Ségolène Royal a déployé toute la dimension de ses combats qui font l’humanité de l’engagement à gauche, pour le féminisme, pour l’écologie, pour la France métissée, pour un ordre juste, pour les services publics. Interrogée sur la situation de l’éducation, il aurait été si simple de tomber dans le misérabilisme, mais ne lui demandez pas cela. Ces petits calculs ne l’intéressent pas, elle n’est pas là pour dire ce qu’on attend mais pour porter ses convictions avec sincérité. D’un revers de main, elle écarte la vision catastrophique pour rappeler tout ce qui marche dans l’école, dans nos hôpitaux. Le public la suit, les applaudissements fusent. On est loin d’un populisme ambiant, ravageur, la femme politique ne flanche pas, mais porte une vision.
L’autorité n’est pas l’autoritarisme … comme un parent doit donner des limites pour permettre à l’enfant de pouvoir s’épanouir en s’émancipant, la bonne gouvernance réclame aussi une autorité mais surtout pas d’autoritarisme. Ségolène Royal observe les dirigeants politiques et reprend là encore l’un de ses combats pour une gouvernance moins dans le rapport de force, dans la verticalité, pour défendre une démocratie plus participative. Les bonnes réformes ne sont pas celles qui se font dans les contestations, la violence, c’est pour elle une caricature. On ne peut vouloir réformer tout et n’importe quoi. Laissez les communes vivre lance-t-elle ! Arrêtez de vouloir tout transformer du haut, au point de tout brouiller et de détruire les hommes et les territoires, le sens de la vie donné par une longue histoire, un enracinement.
Ses engagements ne sont-ils pas de droite parfois … mais non. Il faut justement une gauche capable de ne rien céder à l’extrême droite, au populisme, pour redonner du sens à tous ces combats pour le peuple.
Alors oui, après cette émission, après ce souffle, cette force de conviction, cette expérience, ce sens de l’intérêt général, cette humanité, comme les participants, on a envie de dire Ségolène Royal revient !
Elle nous donnera sa réponse début janvier … mais on sent bien qu’un nouvel espoir s'est levé à gauche et ne demande qu'à grandir.
Philippe Allard
/image%2F1573925%2F20150522%2Fob_6c54af_16026425912-ec6597ff71-n.jpg)