Reconstruire la gauche ?
Publié le 18 Juin 2019

La division gauche-droite s’inscrit dans l’histoire de la démocratie. Mais les orientations de l’une comme de l’autre ont évolué dans l’histoire pour répondre aux enjeux de leur époque. Aujourd’hui, l’effondrement des anciens partis de gauche et de droite impose de redéfinir le clivage politique.
Quelle gauche à reconstruire ?
Va-t-on entrer dans une opposition entre une force à gauche progressiste et universelle contre une force à droite conservatrice et nationaliste ? La mondialisation, l’évolution des sociétés avec l’ouverture des frontières tendent à reconstruire le clivage gauche/droite dans ce sens. C’est ce que l’on est d’ailleurs en train de vivre avec l’affrontement entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
Les anciens partis à gauche tentent de résister contre ce nouveau clivage pour imposer un retour à l’ancienne définition. Mais quel projet proposent ces partis ? Sont-ils seulement capables de construire une alternative crédible pour le pays ? Les divisions et l’éclatement du seul Parti socialiste illustrent cette incapacité. Entre une gauche de contestation et une gauche réformiste la fracture semble encore trop forte pour permettre d’envisager une forme de nouveau programme commun.
Quel serait d’ailleurs l’intérêt de cette union passée pour répondre aux défis de notre temps ? Les enjeux sont en effet bien différents de ceux des années soixante-dix lorsque le stratège François Mitterrand réussissait à unir les gauches.
Pourtant cette gauche de Jean Jaurès défendant plus d’humanité reste toujours vivante dans le cœur d’une partie de l’électorat de gauche. Certaines paroles ou actions d’Emmanuel Macron ont pu d’ailleurs blesser ce sens de la gauche. D’où la déperdition d’une partie de cet électorat aux élections européennes qui s’est reporté sur le vote écologiste. Cette perte de voix pose un risque sur l’avenir, le risque de voir arriver au pouvoir le clan Le Pen.
Face à ce risque, alors qu’une partie de cet électorat de gauche se sent un peu perdu entre des partis de gauche trop contestataires et un parti en Marche trop représentatif d’une France d’en haut, la gauche réformiste doit reprendre un nouveau souffle.
Mais contrairement à ce que proposent les anciennes structures partisanes de ce qui reste du PS ou de la France insoumise, il ne s’agit pas de construire une force contestataire mais de bâtir une force de construction pour reprendre la marche vers l’humanité pour la liberté, pour la solidarité, pour l’égalité des droits, pour l’écologie.
Citoyen, c’est à la construction de cette force à gauche que j’appelle de mes vœux.
Philippe Allard
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